Nrsimha Pranama (Namaste Narasimhaya)

Autor: Vyasadeva Texte sourceNrsimha Purana

(1)
namas te narasiḿhāya
prahlādāhlāda-dāyine
hiraṇyakaśipor vakṣaḥ-
śilā-ṭańka-nakhālaye

(2)
ito nṛsiḿhaḥ parato nṛsiḿho
yato yato yāmi tato nṛsiḿhaḥ
bahir nṛsiḿho hṛdaye nṛsiḿho
nṛsiḿham ādiḿ śaraṇaḿ prapadye

(3)
tava kara-kamala-vare nakham adbhuta-śṛńgaḿ
dalita-hiraṇyakaśipu-tanu-bhṛńgam
keśava dhṛta-narahari-rūpa jaya jagadīśa hare

(१)
नमस्ते नरसिंहाय
प्रह्लादाह्लाद-दायिने
हिरण्यकशिपोर्वक्षः-
शिला-टङ्क-नखालये 

(२)
इतो नृसिंहः परतो नृसिंहो
यतो यतो यामि ततो नृसिंहः
बहिर्नृसिंहो हृदये नृसिंहो
नृसिंहमादिं शरणं प्रपद्ये 

(३)
(श्री दशावतार-स्तोत्र श्लोक ४)
तव करकमलवरे नखमद्भुत-शृङ्गं
दलितहिरण्यकशिपुतनुभृङ्गम्
केशव धृतनरहरिरूप जय जगदीश हरे


traduction

(1) J’offre mes obéissances au Seigneur Narasimha,
qui donne de la joie à Prahlada Maharaja
et dont les ongles sont comme des ciseaux sur la pierre
comme la poitrine du démon Hiranyakasipu.

(2) Lord Nrsimha est ici et aussi là.
Partout où je vais, Lord Nrsimha est là.
Il est dans le coeur et est à l’extérieur aussi.
Je me soumets à Lord Nrsimha, l’origine de toutes choses
et le refuge suprême.

(3) O Kesava! O Seigneur de l’univers!
Seigneur Hari, qui a pris la forme d’un demi-homme, d’un demi-lion
Toutes les gloires à toi! la convoitise comme on peut facilement écraser une guêpe entre ses ongles, de la même manière, le corps de la guêpe comme le démon Hiranyakasipu a été déchiré par les merveilleux ongles pointus sur tes belles mains de lotus.

Narasimha avec Hiranyakasipu, esculpture sur le temple à Belur
Commentaires

La troisième partie est un extrait du quatrième versée du Sri Dasavatara Stotram

Pour comprendre la légende de la déité Narasimha, voici un extrait du livre de Catherine Clément, Promenade avec les dieux de l’inde, de comment Narasimha déchire le corps d’Hiranyakashipu.

« […] Il est le roi des anti-dieux. Les anti-dieux, en sanskrit Asura, qu’on peut traduire par  » démons « , sont des rebelles en lutte contre les Deva. D’un côté les Deva, de l’autre les Asura. Et celui-là, Hiranyakashipu, est le plus puissant des anti-dieux.
Le propre des anti-dieux, c’est que, jaloux des dieux, ils sont toujours prêts à leur prendre le pouvoir. Mais lorsqu’un anti-dieu se livre à suffisamment de pratiques macératoires dans le but d’obtenir satisfaction, on n’a pas le choix, on est obligé de lui céder. Personne n’a le choix. C’est la loi du yoga, et non celle des poissons.
Hiranyakashipu, qui connaît son monde, commene à faire des austérités pour obtenir les faveurs de Brahma. Il pratique notamment l’ascèse des Cinq Feux, et il dégage tellement de chaleur autour de lui que les Deva demandent à Brahma de s’occuper de l’importun. Brahma et personne d’autre. C’est la loi ! Puisque l’importun prie Brahma, c’est à Brahma de s’en occuper.
Obéissant aux règles, Brahma apparaît donc à Hiranyakashipu qui obtient ce qu’il veut. Il a tout prévu. Hiranyakashipu obtient l’invulnérabilité.
Mais attention ! Conformément au règlement, l’invulnérabilité que demande le roi des anti-dieux est précisément définie. Il a mûrement réfléchi, ce roi. Quoi qu’il advienne, Hiranyakashipune sera tué ni par un homme ni par un animal, ni par une créature de Brahma, ni de jour ni de nuit, ni sur terre ni en l’air. L’Asura pense qu’ainsi, il est bien protégé. (On va le voir, il se trompe.) Ce n’est pas tout. Hiranyakashipu obtient également l’égalité avec Brahma et il obtient enfin de pouvoir pratiquer des ascétismes que personne d’autre ne pourra pratiquer – c’est une garantie.
Brahma dit oui à tout. Comme patron des brahmanes, il est obligé d’accepter les demandes d’un ascète. Il fait de plus en plus chaud ! Les Deva, qui suffoquent, sont pris au piège. Alors, qui peut les sauver ?
En cas de danger absolu, Vishnu prépare un de ses avatars. Nous sommes dans un danger absolu. Vishnu va donc se charger de l’importun dont les exercices ascétiques déclenchent une chaleur formidable.
En tous les cas, puisque l’adversaire a tout prévu et qu’il est invulnérable, il va falloir ruser. Vishnu prévoit donc de  » descendre  » sous une forme inattendue, (on ne sait pas encore laquelle) mais seulement, décide-t-il, quand le fils d’Hiranyakashipu sera maltraité par son père au point de risquer la mort.
Vishnu a ses raisons. Hiranyakashipu déteste profondément Vishnu, mais il a un fils qui déteste son père. Naturellement, en bonne logique, ce fils est en adoration devant Vishnu.
Furieux de la trahison de son fils, Hiranyakashipu commence à le maltraiter. Il le jette à l’eau ligoté, en vain ; il lui fait toutes sortes de misères, en vain. L’enfant survit. Il finit par le mettre à l’épreuve et le somme de renoncer à Vishnu, ou de périr. En vain. Le fils tient bon. Vishnu apparaît lorsque le malheureux enfant risque d’être mis à mort.
Il apparaît sous la forme d’un homme à tête de lion – donc ni homme ni animal. Il apparaît au crépuscule – donc ni jour ni nuit. Il attrape Hiranyakashipu et le tue sur ses cuisses – ni sur terre ni en l’air.
Vishnu n’est pas une créature de Brahma. Cet homme à tête de lion qu’on appelle Narasimha n’est pas non plus une créature de Brahma. L’anti-dieu n’est pas tué par un animal, ni par un homme ni par une créature de Brahma, ni de jour ni de nuit, ni sur terre ni en l’air. Les dieux de l’Inde ont cette particularité d’être extrêmement pointilleux sur le règlement.
Lié par les accords entre Brahma et l’anti-dieu, Vishnu les contourne. Sans concessions : il déchire l’anti-dieu tout vivant. »

Catherine ClémentPromenade avec les dieux de l’Inde
Editions du Panama, 2005